Route de nuit - Mémoires de cascadeur
Dans « Doublure », le cascadeur Jean-Claude Lagniez retrace un parcours mené à fond la caisse, aussi bien sur les circuits automobiles que sur les plateaux de tournage. Une vie de roman, aux côtés des plus grands nom du cinéma mondial.
La fête des pères approche, et avec elle la recherche de bonnes idées cadeaux. En voici une que nous vous recommandons chaudement. Au fil des 240 pages de « Doublure », autobiographie tout récemment publiée, le cascadeur Jean-Claude Lagniez retrace une carrière durant laquelle il aura participé à 1 800 films, cassé environ 3 000 voitures, provoqué plus de 2 500 accidents, réalisé une cinquantaine de sauts, dont le plus haut à 20 mètres et le plus long de 50 mètres, et lui aura fait côtoyer tous les grands noms du cinéma mondial.
Son CV comprend des participations à des films aussi variés que Dangereusement vôtre, La mémoire dans la peau, Ronin, Les petits mouchoirs (pour lequel il a notamment réglé l’accident de scooter de Jean Dujardin) Joyeuses Pâques (avec le grand Jean-Paul Belmondo), Espions amateurs (avec Jackie Chan) ou bien encore Astérix aux Jeux Olympiques (la course de chars, avec Michael Schumacher). Liste non exhaustive, loin s’en faut.
Impossible ici de retracer tous les exploits (pour cela, nous vous renvoyons à la lecture du livre), mais nous évoquerons simplement l’une de ses cascades les plus connues, réalisées en 1985 pour Dangereusement vôtre, le James Bond sorti en 1985.
C’est lui qui effectue la plus grande partie des cascades de la fameuse Renault 11 bleue, et il nous détaille la façon dont a été préparée la scène, glissant çà et là quelques « trucs », notamment quand il s’agit de rouler en sens inverse du trafic : « nous demandons à tous les autres pilotes, au volant des autres voitures, de ne pas bouger de leur trajectoire, de respecter un certain rythme, sans jamais s’occuper de moi. C’est moi qui dois les éviter, c’est moi qui m’adapte à eux, pas le contraire sinon c’est ingérable. C’est mon métier que de savoir passer entre les voitures. »
Evoquant Ronin, le film de John Frankenheimer sorti en 1998, Lagniez détaille notamment comment il a réglé la poursuite sur les quais de Seine, qu’il considère en quelque sorte comme son chef d’œuvre. 200 voitures impliquées, une allure de 80 km/h pour les « figurantes », et 120 km/h pour les deux voitures lancées à contre-sens.
En tout, 15 minutes de grand spectacle réalisé sans effets spéciaux. « Tout ce que vous avez vu dans Ronin est réel : la course-poursuite à contre-sens sur l’autoroute à vitesse élevée, les tonneaux dans le tunnel du Châtelet, le gymkhana sur le pont du Garigliano, la voltige sur la corniche de Nice, les explosions… tout est tourné dans les conditions du réel. Sans effets spéciaux, sans images montées ou accélérées. », explique le cascadeur.
En somme, tout l’inverse de ce que peut proposer la saga Fast&Furious au sujet de laquelle Lagniez se montre tranchant : « ça ne m’intéresse pas, c’est bidonné », commente notre expert de la cascade « bio » et bien de chez nous, qui a su séduire les plus grands studios américains.
Doublure, ma vie de cascadeur et de pilote de cinéma par Jean-Claude Lagniez (avec Carole Capitaine), éd. Solar, 240 pages, 17,90 €
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